Un blog d’actualités sert d’abord à celui qui le tient

Une personne travaille sur ordinateur portable et utilise une tablette graphique

Un blog d’actualités sert d’abord à celui qui le tient

Un dirigeant de TPE ne manque pas de travail. Il manque de temps pour savoir ce qui l’attend. Entre une facture à relancer, une norme qui change et un client qui appelle, l’information utile arrive toujours trop tard, quand elle coûte déjà de l’argent. Un blog d’actualités tenu régulièrement fait le contraire d’un journal intime : il ne raconte pas ce qui s’est passé, il prévient de ce qui vient. Encore faut-il accepter d’y voir autre chose qu’un outil de référencement.

Le guet-apens documentaire, ou l’art de se faire rattraper par une échéance

La plupart des articles qui vantent le blog d’entreprise parlent de visibilité, de trafic, de positionnement sur Google, et c’est vrai. Mais pour qui dirige une petite structure, tout cela reste secondaire. Ce qui compte, c’est ce que le blog fait au dirigeant lui-même, pas à ses visiteurs. Un site comme strategie-web-marketing.fr ne sert pas d’abord à attirer des prospects. Il sert à rappeler, semaine après semaine, ce qu’un patron de TPE n’a pas le temps d’aller chercher.

Quand on publie une brève sur une date de dépôt, sur une hausse de cotisation ou sur un nouveau formulaire, on ne s’adresse pas à un lecteur abstrait. On s’adresse à soi-même, dans deux mois, quand l’échéance sera là. Le blog devient une mémoire externe, qui travaille pendant que le dirigeant fait autre chose.

Le problème, c’est que personne ne tient ce raisonnement au moment de créer le site. On se dit qu’il faudra « alimenter », un mot terrible, qui transforme un outil de veille en corvée de plus. Alimenter un blog quand on gère déjà des factures jusqu’à vingt-deux heures, ça ressemble à une punition supplémentaire.

Ce que coûte l’information qu’on ne va pas chercher

Il faut regarder les chiffres en face : la moitié des défaillances de TPE vient d’une mauvaise gestion de trésorerie, et un quart de retards de paiement. Ce ne sont pas des accidents. Ce sont des angles morts. Le dirigeant ne voit pas arriver le trou. Il n’a pas le temps de regarder le tableau de bord qu’il faudrait tenir, et c’est ainsi que se creuse l’écart.

Le temps perdu en recherche, lui, se mesure. En moyenne, un patron de TPE passe trois heures par semaine à chercher des documents égarés, ce qui fait plus de cent cinquante heures sur l’année. Cent cinquante heures, c’est presque un mois de travail à temps plein.

À cela s’ajoute le reste : la majorité des dirigeants consacrent entre quatre et huit heures hebdomadaires à des tâches administratives, dont l’édition de factures. Et ce n’est pas seulement une question de paperasse, puisque trente-sept pour cent d’entre eux avouent du mal à équilibrer vie professionnelle et vie personnelle. Le sujet n’est donc pas le blog, mais bien ce qu’on peut retirer de la semaine.

Trois heures par semaine, ou ce qu’un blog peut vraiment absorber

Un blog d’actualités bien pensé ne remplace pas un expert-comptable, et il ne fera jamais votre trésorerie à votre place. Il fait autre chose. Il ramène l’information au dirigeant au lieu de l’obliger à sortir la chercher. Trois heures de recherche hebdomadaire, ça ne disparaît pas d’un coup, mais ça se réduit dès qu’un endroit unique rassemble ce qui compte.

Les comptables le disent d’ailleurs sans détour : soixante-neuf pour cent d’entre eux passent trop de temps à rassembler les documents de leurs clients. Le désordre coûte de l’argent des deux côtés du bureau. Un blog qui publie un rappel de pièces à fournir avant une clôture rend service au dirigeant et à son cabinet, sans que personne ait eu à rédiger un mail.

Il y a un autre point qu’on oublie souvent : la France compte quatre cent mille normes et se classe deuxième pays le plus complexe en matière de bureaucratie. Personne ne connaît ce chiffre par cœur. Ce qu’il faut, c’est savoir laquelle des quatre cent mille concerne votre activité cette semaine. C’est exactement le rôle d’un fil d’actualités bien tenu. Sur ce point, voir aussi notre article sur restructuration dentreprise.

Encore une fois, tout dépend de la façon dont on s’y prend. Un blog qui republie des communiqués officiels sans les traduire ne servira à rien. Celui qui écrit « voilà ce qui change pour vous, voilà ce que vous devez envoyer, voilà quand » rend un service qu’aucun moteur de recherche ne rendra à votre place. Le moteur, lui, ne connaît pas votre dossier.

Ce qui distingue un blog utile d’un blog décoratif

La différence ne tient pas au volume publié. Elle tient à la nature de ce qu’on y met. Un blog décoratif parle de l’entreprise, de ses valeurs, de son équipe. Un blog utile parle au dirigeant de ce qui l’attend dans les semaines qui viennent. Les deux peuvent coexister, mais seul le second travaille vraiment.

  • Le blog utile donne des dates et des formalités, pas des intentions.
  • Votre dernière publication a-t-elle évité une relance à quelqu’un ?
  • Un article qui se termine par « contactez votre expert-comptable » n’a rien apporté.
  • Publier une fois par mois suffit, à condition que ce soit le bon mois.
  • Ce qu’on écrit pour soi, on l’écrit mieux que ce qu’on écrit pour un moteur.

Cette dernière idée mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle va à l’encontre de tout ce qu’on lit sur le sujet, et pourtant elle tient debout. Un dirigeant qui rédige un rappel pour ses confrères rédige d’abord un rappel pour lui-même. Il fixe la date dans sa tête au moment où il l’écrit, et cette fixation vaut mille alertes automatiques qu’il n’ouvrira jamais.

Le vrai retour sur investissement d’un fil d’actualités

Compter les visiteurs d’un blog de TPE n’a pas grand intérêt. Le bon indicateur est ailleurs : combien de fois, dans l’année, un article vous a évité une pénalité, une relance tardive ou une nuit blanche ? Une seule fois suffit souvent à rentabiliser le temps passé à écrire.

Le raisonnement se tient sur la durée. Si le fil d’actualités vous fait gagner ne serait-ce qu’une fraction des trois heures hebdomadaires de recherche, et s’il vous rappelle deux ou trois échéances par an que vous auriez laissées filer, la question du retour ne se pose plus. On est loin du calcul de trafic. C’est tant mieux, parce que ce calcul-là décourage tout le monde.

Reste une difficulté, et elle est réelle : écrire prend du temps. Un dirigeant de TPE avec une semaine de quatre à huit heures administratives n’a pas envie d’y ajouter une rédaction. La solution n’est pas d’écrire plus. Elle est d’écrire court et de ne publier que ce qui vous concerne. Trois paragraphes sur une date de dépôt valent mieux qu’une page sur la transformation numérique.

Un outil de veille déguisé en blog

Le blog d’actualités d’une TPE ne se juge pas à son audience, mais à ce qu’il empêche : oublier une échéance, chercher pendant trois heures un document qu’on avait déjà, découvrir un retard de paiement au moment où il devient un problème de trésorerie. Vu comme ça, ce n’est plus un support de communication. C’est un système d’alerte personnel.

La difficulté, on l’a dit, c’est la régularité. Un blog qu’on abandonne au bout de trois mois ne sert à rien, mais un blog mensuel tenu pendant deux ans change la façon dont on travaille. Il faut juste accepter d’écrire pour soi avant d’écrire pour les autres, et de considérer chaque publication comme une note qu’on se laisse à six semaines d’intervalle.

Reste une question, qui vaut pour toutes les TPE : si vous pouviez récupérer ne serait-ce qu’une heure par semaine sur les documents que vous cherchez, qu’est-ce que vous en feriez ? Posez la question à votre comptable, il a sans doute la réponse.

Florent

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